Cette page a pour but de donner des explications sur le trouble de la vision des couleurs (dyschromatopsie) afin de sensibiliser les personnes atteintes de ce trouble de la vision et le personnel enseignant, à l’importance de le comprendre avant de se lancer dans un cursus scolaire ou professionnel. En effet, le daltonisme peut être un frein à l’apprentissage ou empêcher l’exercice de certaines professions liées à la sécurité des personnes, professions pour lesquelles une bonne perception des couleurs est nécessaire, par exemple, conducteur de train ou pilote.

Description et conséquences sur la scolarité et la formation

« Dyschromatopsie » est le terme scientifique pour un trouble de la vision des couleurs. On parle souvent de « daltonisme » et de « daltoniens » pour les personnes atteintes en raison de John Dalton, qui a étudié cette maladie sur lui-même, il y a environ 200 ans. Le « daltonisme » est une dyschromatopsie héréditaire, c’est-à-dire qui se transmet de parents à enfants. Il existe aussi des dyschromatopsies acquises qui sont le reflet d’une atteinte du système visuel, en général de la rétine ou du nerf optique. Ce qui suit concerne les dyschromatopsies héréditaires.

Les troubles héréditaires de la vision des couleurs touchent environ un homme sur douze et une femme sur deux cents. La différence de fréquence entre les sexes est due à la localisation des gènes concernés sur le chromosome X. La sévérité de l’atteinte varie d’une atteinte légère touchant quelques nuances de couleur à une complète absence de perception des couleurs. Il faut savoir que chez une personne atteinte, le niveau d’atteinte reste constant au cours de la vie : il n’y a ni aggravation ni amélioration avec le temps. À l’heure actuelle, il n’y a pas de traitement.

Les impacts sur la scolarité peuvent concerner des difficultés de compréhension dans certaines matières telles que les sciences, les mathématiques, la géographie et les arts plastiques où des graphiques, cartes et codes couleurs sont souvent utilisés.

Le daltonisme n’est pas un handicap majeur, mais il nécessite parfois de légères adaptations pour éviter que l’enfant ne soit pénalisé dans sa scolarité. Une bonne prise en compte et des mesures simples peuvent grandement faciliter son apprentissage et son épanouissement.

Le daltonisme peut aussi influencer certaines orientations professionnelles, spécialement dans les métiers où la perception précise des couleurs est essentielle, tel que :

  • Les métiers liés aux couleurs : design, graphisme, peinture, stylisme, certains postes en laboratoire d’analyses médicales ou chimie où la reconnaissance des couleurs est cruciale.
  • Les métiers du transport : conducteur professionnel (avion, train, bus) dans certains pays, en raison des exigences liées à la signalisation lumineuse.
  • Les métiers de la sécurité et l’armée : certaines fonctions peuvent exiger une vision normale des couleurs.

Certains métiers sont, de fait, interdits en suisse, comme pilote d’avion ou conducteur de train. Un test d’aptitude avant la formation pour ces métiers invalidera la candidature de l’élève dont la perception des couleurs n’est pas normale (voir la liste en annexe 1). D’autres métiers comme électricien, électronicien, peintre sont fortement déconseillés, car le candidat s’engageant dans cette voie s’expose à des difficultés, voire à des situations dangereuses.

Caractéristiques et dépistage du daltonisme

La vision des couleurs normale

La lumière est composée de différentes longueurs d’onde allant du rouge au bleu. Une couleur correspond à une certaine longueur d’onde ou à un mélange de longueurs d’onde. L’œil perçoit les couleurs grâce à trois types de protéines (opsines) qui réagissent à une longueur d’onde spécifique. Ces protéines se trouvent dans les cônes, des cellules rétiniennes qui transmettent leurs signaux au cerveau. Le cerveau élabore alors la sensation de couleur.

La vision des couleurs anormale

Lorsqu’une opsine est modifiée à la suite d’une mutation du gène, elle réagit à une longueur d’onde (ou couleur) différente de celle prévue, ce qui rend la différenciation de certaines couleurs plus difficile, mais aussi peut permettre une meilleure différenciation de certaines nuances. Cette situation est celle des « deutéranomalies » où l’opsine réagissant au vert est déficiente, celles des « protanomalies » où l’opsine du rouge est déficiente et celle des « tritanomalies » (rare) où l’opsine du bleu est déficiente. Dans ces situations, un des trois canaux est anormal.

Lorsqu’une opsine est absente, le système fonctionne avec seulement deux canaux et la perception des couleurs est moins bonne que dans le cas précédent. Ce sont les « deutéranopies » (vert absent), « protanopies » (rouge absent) et « tritanopies » (bleu absent). Lorsque deux canaux sont absents, la perception des couleurs est totalement absente.

Il est utile pour les patients atteints de dyschromatopsie de le savoir avant de choisir un métier. Dans les écoles publiques genevoises, ce dépistage est réalisé avec le test d’Ishiara en 3P et en 6P et les parents sont avertis en cas de test positif.

En conclusion

Le cerveau perçoit les couleurs en élaborant les informations envoyées par les 3 canaux présents dans les cellules de la rétine. Ces canaux peuvent être anormaux ou absents, la vision des couleurs est alors anormale.

Dans le cadre scolaire, des adaptations simples permettent à ces enfants/jeunes de suivre des cours sans impact, par exemple en évitant de mettre en opposition les couleurs concernées (éviter les graphiques avec du rouge et du vert et leur préférer d’autres couleurs) ou en écrivant en lettres sur des étiquettes à coller la couleur du crayon ou du stylo utilisés.

Auteur: Direction SSEJ, Fiche : F841 / 1125, Unité Vue et Ouïe