Elle a un passeport, un statut, une liberté de mouvement. Lui ne peut pas sortir des territoires palestiniens où il est né. Elle et il s’aiment. Sur scène, différents fils se déroulent: celui de leur vie, bien sûr, faite d’aller-retours, de check-points et de SMS fébriles, mais aussi celui de l’autrice du spectacle, qui dévoile sous nos yeux son intimité, dans une vertigineuse mise en abîme de son geste d’écriture. Apparaît alors l’énigmatique personnage de la grand-mère, entre représentante de la mémoire collective et confidente malicieuse.
Tatrïz (broderie en arabe) se situe à la croisée du personnel et du politique. Valentine Sergo puise dans sa propre expérience et dans ses nombreux voyages en Palestine pour dire celles et ceux qui y vivent. Et phrase après phrase, une question: comment un contexte géopolitique modèle-t-il les relations affectives et amoureuses, non seulement dans l’instant présent, mais sur plusieurs générations ?
Responsable de la médiation: Sarah Perdrizat, médiatrice culturelle, sperdrizat@lepoche.ch