En 1995, Maryse Condé publie La migration des cœurs, livre majeur de son œuvre pourtant longtemps passé inaperçu. Son projet est de taille : transposer l’intrigue des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë à l’espace caribéen. Au cœur de la Guadeloupe post-esclavagiste s’enracine alors l’histoire tumultueuse de Rayzé, jeune homme noir adopté enfant par le notable d’ascendance béké Hubert Gagneur, et de Cathy, fille de celui-ci. Leur lien indéfectible se déploie sur trois générations, permettant à Maryse Condé de mettre au jour ce qui chez Emily Brontë restait souterrain: la question du racisme d’abord, mais aussi celle de la dimension politique des processus de vengeance et de fatalité.
Sur scène, Anne Monfort donne à entendre la voix des deux autrices à travers un méticuleux travail de montage : Les Hauts de Hurlevent apparaissent alors en filigrane, de même que Maryse Condé et Emily Brontë.
Responsable de la médiation: Sarah Perdrizat, médiatrice culturelle, sperdrizat@lepoche.ch