Lorsque je commence à écrire ce témoignage, il me reste encore un mois dans cette magnifique ville, Zürich.

Dans mon cas, j’ai eu cette année deux familles d’accueil et un élève d’échange au premier semestre. En ce qui concerne les familles, la première ne me correspondait pas tout  à fait. Je ne comprenais pas bien leur fonctionnement : des règles (notamment concernant l’hygiène, la propreté et la sécurité de la maison) et des valeurs différentes de celles de ma famille à Genève. J’avais l’impression de beaucoup m’adapter, sans recevoir en retour la tolérance que j’espérais en tant qu’élève d’échange. Du coup, je n’ai malheureusement pas créé beaucoup de lien avec eux, et nous n’avons pas vraiment fait d’activités ensemble. Avec du recul, je pense que la communication et les liens avec la famille d’accueil facilitent vraiment l’apprentissage de la langue et donnent confiance pour s’intégrer. Au premier semestre je me suis légèrement renfermée sur moi-même. Je ne parlais pas beaucoup, que ce soit à l’école ou dans ma famille d’accueil. Je prends aussi en compte que les premiers mois, il est difficile de s’exprimer dans une langue étrangère et donc de bien se comprendre au sein de la famille. Mon but n’est pas de les critiquer, car cela fait tout de même partie de l’échange ; découvrir, apprendre, s’adapter. Malgré mes difficultés d’intégration au début, j’ai vécu dans un endroit magnifique, un village situé le long du lac de Zurich, génial pour les balades. Il se trouve pleins de petites activités, traditions ou des lieux à voir.

Concernant la deuxième famille, j’ai découvert un nouveau district, Oerlikon. Contrairement au premier semestre, j’étais cette fois en ville, avec plus de transports publics et une plus grande liberté pour me déplacer. J’ai découvert une toute nouvelle manière de vivre et j’ai pris beaucoup de plaisir lors de ce deuxième semestre. J’avais une sœur et un frère d’accueil. Chez eux, le partage, le respect et le la confiance sont des valeurs clés, ce qui me parlait tout naturellement. Grâce à leur amabilité et nos échanges réguliers, j’ai progressé plus vite dans la langue. Les repas partagés, les sorties, les films, les discussions et les fêtes de famille sont tous des moments importants de l’échange : ils rapprochent et font qu’on se sente bien. Je pense que ce confort est vraiment aidant pour s’intégrer. J’ai aussi vu un changement en moi. Je suis plus ouverte aux autres, moins timide, j’interagis plus à l’école, je propose des sorties à mes camarades et j’ai même commencé la danse, ce qui m’a permis de sortir de ma zone de confort. C’est peut-être aussi parce qu’après un semestre on se sent plus à l’aise avec la langue, on trouve sa place et les liens deviennent plus forts.

L’accueil et l’intégration dans l’école sont aussi un point important au début. Pour moi je pourrais presque dire qu’elle était parfaite. A Zürich, les gymnases organisent un accueil et un accompagnement spécifique aux élèves d’accueil : le vendredi avant la rentrée, se tenait une présentation de l’école avec tous les autres élèves d’échanges. C’était une très bonne occasion d’évacuer un premier stress, poser des questions sur le fonctionnement ou lieux de l’école et surtout de savoir qu’on est accompagné. Durant l’année, nous avions aussi un cours spécial pour les élèves d’échanges, pour perfectionner notre expression orale et écrite et pour travailler nos difficultés de compréhension dans d’autres matières. Il est vrai que le niveau au collège à Zürich est plus élevé qu’à Genève, donc ce soutien est un vrai un coup de pouce et ça motive à donner le meilleur.

Mes conseils pour les prochains élèves d’échange :  je pense qu’il est important de consacrer du temps à bien connaître la famille, de se présenter et discuter du vivre ensemble. Et puis, il y a une part de hasard. D’ailleurs, suivant où on habite, l’abonnement général s’impose : parfois, les familles d’accueil n’habitent pas proche de l’école, et prendre le train tous les jours devient très cher. Ensuite, pour ceux qui pratiquent déjà un sport ou une activité dans leur ville, je trouve important de continuer lors de l’échange. Cela permet de garder un lien avec quelque chose qu’on aime et qu’on maîtrise déjà. Cela aide à créer une routine et un entourage en dehors de l’école et de la famille d’accueil.

Lorsque je finis ce témoignage, je suis dans le train pour Genève. J’ai passé une merveilleuse année à Zürich que je n’oublierai pas. Partir de Genève pendant une année m’a fait grandir.  Je me sens plus indépendante et plus sûre de mes choix. Je repars en ayant appris pleins de choses sur moi-même et sur les autres et j’ai bien évidemment progressé en allemand, de sorte à pouvoir avoir une conversation fluide. J’ai aussi tissé des liens avec mes camarades de classe et j’espère revoir certains d’entre eux très bientôt.