Après de longues semaines à attendre ce départ, mes premiers mois en Irlande n’ont pas été ce à quoi je m’attendais. Peut-être à cause d’une idéalisation excessive ou d’un manque de préparation personnelle quant aux défis que cette expérience impliquait, les trois premiers mois d’adaptation furent extrêmement compliqués. Je ne pensais pas que le dépaysement serait aussi intense :
Parler une autre langue et se plonger dans une autre culture, évidemment, mais aussi être loin de sa famille et de toutes les personnes qui nous sont chères, un environnement différent qui bouscule nos habitudes, même les petits détails anodins que j’avais pris pour acquis, comme la nourriture par exemple, semblaient soudain une dizaine de fois plus importants que lorsqu’ils faisaient partie de mon quotidien.
Malgré un début d’année mouvementé, c’est pendant le second semestre que j’ai forgé les souvenirs les plus mémorables de ce voyage. Je peux affirmer aujourd’hui que cela fut l’expérience la plus intense et enrichissante de ma courte vie et que pour rien au monde je ne changerais quoi que ce soit de cette aventure.
Les Irlandais sont les personnes les plus gentilles et bienveillantes qu’il m’ait été donné de rencontrer. Mais étant entourée en permanence d’étudiants d’échange du monde entier, la culture irlandaise n’est pas la seule que j’ai pu découvrir. J’ai pu pratiquer de nouveaux sports, de nouvelles langues, développer de nouvelles habitudes. J’ai visité de nouveaux endroits allant jusqu’à traverser le pays du comté de Mayo jusqu’à Belfast, capitale de l’Irlande du Nord. Tout cela en étant loin de ma propre maison mais toujours dans un climat de sécurité en sachant que j’étais toujours entourée. Les incroyables personnes que j’ai rencontrées au cours de ce voyage et les aventures que nous avons vécues sont ce qui a changé mon expérience. Si je devais donner un conseil à la moi des premières semaines ce serait d’oser : oser parler, oser découvrir, oser construire quelque chose de nouveau. Lorsque j’y étais, le temps semblait passer lentement mais à présent que je suis de retour, je me rends compte à quel point tout est allé bien trop vite. Des larmes par ce que je quittais Genève aux larmes par ce je quittais l’Irlande, des premières rencontres aux adieux, ne semblent s’être déroulées que quelques semaines.
Cet échange fut pour moi une opportunité d’accomplir des choses que je n’aurais jamais découvertes en restant à Genève. Je souhaite à tout le monde de vivre ce que j’ai vécu.