J’ai eu l’immense chance de pouvoir partir au Canada pendant 10 mois cette année, et je pense que cette expérience va être gravée dans ma mémoire et dans mon cœur à tout jamais.

Mon arrivée à London

Je suis partie à London, au Sud de l’Ontario, et j’ai tout de suite été frappée par les différences entre la Suisse, et plus généralement l’Europe, avec tout ce qui m’entourait. La première chose que j’ai remarqué était à quel point tout là-bas était plus grand que ce à quoi je suis habituée, des voitures à la taille des paquets de chips au supermarché. L’agencement des villes étant très différent au Canada, j’ai eu un peu de mal à m’habituer à devoir prendre la voiture pour pouvoir sortir, et par conséquent de me sentir un peu bloquée chez moi quand personne ne pouvait m’amener là où je désirais aller.

London est une ville avec peu de choses à faire et j’ai traversé des périodes où je le vivais assez mal, mais j’ai découvert/redécouvert d’autres moyens de m’occuper. Le centre-ville est très mal famé, et je dirais même un peu dangereux, particulièrement en étant une fille, ce que je ne savais pas du tout en arrivant. Je m’y suis perdue et ai été quelque peu déconcertée, mais j’ai vite appris comment la ville fonctionnait et tout s’est passé pour le mieux.

Ma famille 

J’ai eu la chance de me retrouver dans la même famille qu’une étudiante espagnole, et ça a vraiment considérablement amélioré mon année. Sa présence a rendu les choses plus faciles, notamment pour se faire des amis. Nous avons aussi pu parler ensemble lorsqu’on rencontrait des problèmes avec notre famille d’accueil

Ma famille d’accueil était très accueillante au début, mais les choses se sont dégradées au fil des mois. J’ai fait le choix de ne pas changer, au début car je pensais qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise passe, et puis car je ne voulais pas être séparée d’Isabella, l’étudiante espagnole qui vivait avec moi. Malgré la difficulté qu’être mal à l’aise dans sa famille peut représenter, je pense que ça m’a aussi appris plein de choses. J’ai par exemple dû apprendre à prendre sur moi, mais aussi à exprimer mon mécontentement.

L’école

J’ai été scolarisée à Saunders Secondary School, et j’ai vraiment adoré cette partie de ma vie au Canada. Personnellement, j’ai fait le choix d’utiliser cette année comme une année “trou” dans ma scolarité, et de ne choisir que des matières dont je n’aurais pas l’opportunité d’essayer à Genève. J’ai par exemple pris des cours de coiffure, de travail du bois, de cuisine, ou encore de fitness. Je me suis découvert un très grand intérêt pour la cuisine, et ces cours me manquent déjà.

L’école commençait à 8h20 et se terminait à 14h20, ce qui me laissait beaucoup de temps pour moi l’après-midi. J’allais à l’école en bus scolaire, ce qui était très pratique (bien que très inconfortable, car contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ces bus font horriblement mal au dos). Au début, je m’ennuyais beaucoup les après-midi, mais au fur et à mesure de l’année, j’ai réussi à me trouver de plus en plus d’activités, comme par exemple réviser pour passer mon permis scooter à mon retour.

J’ai décidé de rejoindre l’équipe de hockey sur glace de mon école, vu que j’en faisais déjà à Genève, et ce fut la meilleure décision que j’ai pu prendre de toute l’année. J’ai rencontré plein de nouvelles personnes, ce qui m’a permis de me sentir plus intégrée à l’école, et j’ai fait des rencontres incroyables, avec qui je l’espère, je continuerai d’avoir des contacts. Ça a aussi rempli considérablement mes semaines, avec tous les matchs auxquels je suis allée étant donné que nous sommes allées jusqu’en quart de finale des équipes féminines de London et environs. Ça a beaucoup contribué à me sentir intégrée à la vie de l’école. En effet, j’ai pu participer au pep rally d’hiver en tant qu’athlète, à la remise des prix sportifs, et au gala des athlètes de fin d’année. Au-delà de ça, le niveau canadien en hockey est nettement supérieur au suisse, et je me suis beaucoup améliorée et j’ai pris confiance en moi.

J’ai aussi intégré l’équipe de rugby, mais je l’ai quittée après environ 1 mois car ça ne me plaisait pas énormément. Bien que ça n’ait pas duré longtemps, j’ai là aussi rencontré de nouvelles personnes et appris plein de nouvelles choses.

J’ai participé à la comédie musicale de l’école en intégrant l’équipe de maquillage et de coiffure, et j’ai eu l’occasion d’aller voir la pièce plusieurs fois et d’en apprendre beaucoup sur des sujets dont je n’avais pas du tout connaissance.

Enrichissement personnel

Je repars de ce séjour changée, sur absolument tous les aspects possibles, et je ne pourrais pas en être plus heureuse.

Tout d’abord, j’ai évidemment énormément amélioré mon anglais, et je suis maintenant capable de parler avec tout le monde naturellement. Je ne pensais pas que ça aurait un tel impact, mais chaque langue à des expressions différentes et des mots qui n’ont pas de traduction, j’ai donc l’impression que ça m’a ouvert à penser d’une manière différente. Je pense à des choses qui n’ont aucune traduction en français, et donc “je pense plus grand”.

Pour moi, l’aspect qui a le plus changé sur moi est ma confiance en moi. J’ai été contrainte à me mettre en valeur et à me faire confiance. par exemple pour entrer dans l’équipe de hockey. Depuis, je suis beaucoup plus confiante dans mes relations avec les autres, j’approche les autres avec beaucoup plus de facilités, et je m’aime beaucoup plus qu’avant, je connais ma valeur. Je dirais aussi que je suis beaucoup plus optimiste et solaire, car j’ai été confrontée à des problèmes dans ma famille à Genève sur lesquels je n’avais aucun pouvoir d’agissement et je ne pouvais qu’espérer une amélioration.

Après-Canada

Je trouve compliqué de me dire que je ne vais plus jamais vivre au Canada, tant cette expérience fait partie de moi. Mon quotidien me manque parfois, mais surtout les personnes extraordinaires que j’ai rencontré me manquent énormément. Ça me procure de la motivation pour mon futur, parce que je sais que j’ai envie de bien réussir mes études, et de travailler pour pouvoir y retourner rendre visite à tout le monde.

Conseils pour les générations futures

  • Participez à une des activités proposées par l’école, particulièrement un sport mais ça peut être aussi un club
  • Si les problèmes avec votre famille surviennent directement ou sont trop importants, n’hésitez pas à en parler directement
  • Le centre-ville de London, et de plusieurs grosses villes du Canada, a un gros problème de drogues et peut être dangereux, renseignez-vous avant d’y aller
  • Dites oui à un maximum d’expériences, même quand c’est très nouveau ou si ça ne vous tente pas du tout
  • Si vous en avez la possibilité, je recommanderais que votre famille vienne vous rendre visite, par exemple à Noël, j’ai trouvé que c’était vraiment aidant pour que tout le monde se rende compte de la réalité de l’autre
  • Goûtez le Chipotle Chicken Wrap de Tim Hortons

Lisa Faas

Si besoin voici mon email pour toutes questions sur London ou sur l’année en général: lisa.fs@eduge.ch