Le Chili et les Chicago Boys

D’Est en Ouest: Révolutions conservatrices (3/4) Déréguler pour ordonner : dans le sillage des Chicago Boys

France Culture, 3 février 2016.

Qui étaient les Chicago Boys, ce groupe d’étudiants chiliens formé au Chili et à Chicago, devenus des figures emblématiques de ce qu’on appelle le libéralisme – ou néolibéralisme – en économie ? Quels sont leurs héritiers aujourd’hui ?

Les Chicago Boys rencontrent Pinochet (à droite)
Les Chicago Boys rencontrent Pinochet (à droite)

Nous nous penchons aujourd’hui sur les formes prises par le conservatisme, dans le domaine de l’économie. On le disait hier, les conservateurs se retrouvent autour de valeurs morales et du rejet de l’intervention étatique. En philosophie politique, le libéralisme affirme la liberté comme principe suprême duquel découle d’importants corollaires, comme la responsabilité individuelle et la limitation du pouvoir souverain. Le « libéralisme économique » défend donc l’initiative privée, la libre-concurrence et le marché : les seuls éléments permettant d’apporter la liberté et l’égalité pour celui qui fut l’une des figures centrales de la révolution néolibérales, Milton Friedman.

A l’heure où les critiques ne cessent de se multiplier à l’endroit du néolibéralisme et de ses conséquences sociales et sociétales, nous allons revenir sur cette pensée, ses origines, ses figures, ses influences, son poids sur les responsables politiques. Née en opposition au keynésianisme et autour de Milton Friedman, le courant qui porte cette pensée économique, c’est « l’école de Chicago ». La première fois que cette école eut l’occasion de passer de la théorie à la pratique et d’en tester l’efficacité, ce fut au Chili.

Quoiqu’il en soit, les Chicago Boys sont devenus des figures emblématiques de ce qu’on appelle le libéralisme : courant économique, politique, dont le nom a resurgit en Europe de manière plus nette depuis la crise grecque de 2010, à travers , d’abord, les créanciers de la Grèce (FMI, Banque Mondiale et Banque Centrale Européenne), mais aussi à travers les mesures de « sauvetage » des banques systémiques, ou encore à travers les négociations pour le traité transatlantique.

Il s’agira moins de faire l’éternel procès du néo libéralisme que de comprendre de quoi il est fait, par qui il a été pensé, d’où il vient…et peut-être où il va ?

Nous irons également du côté de l’Allemagne où le Ministre des finances, depuis 2005, Wolfgang Schaüble, a pris une part active aux négociations, en tête à tête souvent avec le Ministre Varoufakis. Il est un partisan de ce qu’on appelle l’ordolibéralisme. Nous essaierons de comprendre les différences de ce courant de pensée avec le néolibéralisme.

Schäuble Varoufakis
Schäuble Varoufakis Crédits :  Schäuble – Radio France

Une émission préparée par Xavier Martinet.

Intervenants

  • Paul Jorion : Anthropologue et sociologue, professeur associé à l’Université catholique de Lille
  • Carlos Quenan : économiste, professeur à l’IHEAL (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine) – Paris 3
  • Patricia Commun : professeure d’études germaniques à l’Université Cergy Pontoise, spécialiste du libéralisme allemand
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