Tribune de Genève: 1600 roses et billets doux s’échangent dans des écoles pour la bonne cause

1600 roses et billets doux s’échangent dans des écoles pour la bonne cause

L’Ecole de commerce Nicolas Bouvier et le Collège Voltaire ont organisé vendredi une Saint-Valentin tardive pour financer un projet humanitaire. Un mystérieux « homme à la rose » a acheté 100 fleurs d’un coup

Nisa, Liliana et Célia ont participé à une distribution de roses à l’Ecole de Commerce Nicolas Bouvier, durant les heures de cours. © Magali Girardin. Image: MAGALI GIRARDIN

Par Aurélie Toninato20.02.2015

 

 

 

 

 

« J’ai mis des baskets aujourd’hui, parce que hier j’étais en talons et c’était trop pas pratique pour amener les roses d’un étage à l’autre!» Nisa, 20 ans, élève à l’Ecole de commerce Nicolas Bouvier, s’empare d’un lourd seau rempli de dizaines de roses rouges. Avec Liliana, Célia, Prescilia et Brenda, elle s’apprête à jouer les Cupidon. Leur mission: sillonner les classes pour distribuer 1000 fleurs, ainsi que des billets doux rédigés par et pour des élèves, mais aussi enseignants, secrétaires, etc. Cette Saint-Valentin tardive est organisée depuis près de vingt ans par le groupe humanitaire de Nicolas Bouvier, La Trace, et vise à récolter des fonds pour des projets humanitaires. Son homologue au Collège Voltaire organise la même action, avec 600 roses à attribuer.

Message amoureux ou amical

Tout a commencé il y a quelques semaines. Pendant plusieurs jours, des membres de La Trace se relaient pour tenir un stand destiné à récolter les petits mots et vendre les roses, au prix de 3 fr. l’unité. Amical ou enflammé le billet. Pour l’amoureux secret ou déclaré, pour la meilleure amie, pour un enseignant, pour les élèves de sa classe, pour un collègue qu’on apprécie, pour la secrétaire ou le cuisinier. On le dépose dans une enveloppe, avec le nom du destinataire. Anonymat garanti. «On ne lit pas les messages, ça a toujours bien fonctionné, le contenu reste bon enfant», explique Philippe Schwab, professeur de géographie et responsable de La Trace.

Distribution de classe en classe

Une fois les billets doux récoltés commence une tâche laborieuse: la distribution s’effectue durant deux jours seulement, il faut donc consulter les horaires de chaque destinataire pour savoir dans quel cours et quelle salle lui remettre le mot et sa fleur… Puis, après avoir décoré le bâtiment à la sauce romantique, c’est l’heure de la distribution. Ce vendredi, Nisa, Liliana et Célia – qui prennent sur leurs heures de pause – arpentent les étages, toquent aux portes, remettent en main propre le mot et sa fleur, sous les applaudissements et les rires. «On va chez la prof Mme Schmidt, elle va recevoir 16 fleurs et petits mots, les élèves l’aiment bien!» Le trio aussi a adressé ses propres petits billets. Aux meilleures copines, à une prof, «et au maître qui va superviser mon travail de diplôme pour le remercier d’avance!» rigole Nisa.

Un mystérieux donateur anonyme

1000 fleurs et billets sont distribués cette année, c’est un record. «On a beaucoup de participants, avec une majorité d’enseignants qui s’offrent des roses entre eux, raconte Philippe Schwab. A Voltaire par contre, ça marche mieux entre élèves.» Cette année, un donateur anonyme fait sensation: celui qui se fait appeler «l’homme à la rose» a acheté 100 roses, destinées à toutes les dames de l’établissement! Reste une question: pourquoi organiser cette St-Valentin caritative une semaine après la date officielle? «Parce que le 14 février c’était les vacances! répond le professeur de géographie. Et parce qu’à cette période, les roses sont hors de prix et les fleuristes débordés.»

Soutien pour un orphelinat en Haïti

Les sommes récoltées serviront à soutenir l’association fondée par l’infirmière scolaire de Nicolas Bouvier, qui s’occupe d’un orphelinat en Haïti. «On nous a parlé du projet des roses dès la première année et j’ai trouvé ça super, raconte Liliana. J’ai intégré le groupe de La Trace et on passe vraiment de bons moments.» En décembre, le groupe a notamment effectué une récolte de nourriture et de produits de première nécessité pour le centre d’accueil le Caré. Il a pu rassembler 400 kilos de produits et les élèves ont pu découvrir cette structure. (TDG)

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(Créé: 20.02.2015, 17h45)