Brochure de Dissertation n°1 (jaune) - l'analyse de l'énoncé
Vous trouverez ici la brochure de dissertation n°1 sur l'analyse de l'énoncé.
Exercice 6
Après cette approche plutôt intuitive de l’énoncé, il convient de s'arrêter sur les mots-clés retenus pour en découvrir le sens précis. En effet, les mots sont souvent polysémiques (ils possèdent plusieurs significations possibles), prennent leur sens exact par rapport au contexte de l’énoncé (c'est-à-dire selon les mots environnants) et/ou en fonction du contexte d'énonciation (époque, culture, personnalité de l'auteur, etc.).
Pour établir le sens précis d'un mot, il sera donc judicieux de recourir d'abord au dictionnaire (qui permet de faire le tour de tous les sens possibles et de déterminer, grâce à des exemples souvent éclairants, celui qui convient), puis de restituer ensuite le mot à son contexte d'origine pour en dégager les connotations éventuelles (significations secondes, variables selon les époques, les situations et les individus
Exemple
énoncé : « Donne à ton esprit l'habitude du doute et à ton cœur celle de la tolérance. »
(G.-Chr. Lichtenberg)
Quel sens donné au mot "doute" ?
Voici quelques définitions du mot « doute », extraites d'un dictionnaire :
Etat de l'esprit qui est hésitant, indécis, qui est incertain de la réalité d'un fait, de la vérité de paroles ou de la conduite à adopter dans une circonstance. Ex. : Etre dans le doute quant à ses capacités, quant à sa réussite, quant à son avenir.
Attitude philosophique qui consiste à ne rien croire sur parole, à ne rien accepter pour vrai qui ne puisse être prouvé par l'examen critique de la raison. Ex. : Les grands philosophes des Temps Modernes ont considéré le doute comme une opération fondamentale de la réflexion. « Le grand principe expérimental est donc le doute, le doute philosophique qui laisse à l'esprit sa liberté et son initiative.» (Cl. Bernard).
Attitude de celui qui n'a pas d'opinion sur l'existence ou la non-existence de Dieu ; ou de celui dont la foi chancelle. Ex. : Il peut arriver à tout croyant d'être pris passagèrement par le doute.
Laquelle de ces définitions convient-elle au sens du mot « doute » dans le contexte de l’énoncé ?
La définition n° 3 semble trop circonscrite, dans la mesure où elle ne concerne que le domaine de la religion, alors que le jugement qui nous concerne possède manifestement une portée plus générale.
Lichtenberg, écrivain du XVIIIe siècle, établit visiblement une relation antithétique (ou un rapport de complémentarité) entre le mot « doute » (lié ici à l'intellect) et le mot « tolérance » (lié ici aux sentiments) ; or, si la tolérance représente la bonté, l'acceptation et l'ouverture, le doute, dans ce cas, semble logiquement évoquer une attitude de méfiance intellectuelle, de perplexité philosophique propres à l'exercice rigoureux de l'esprit critique.
La
définition n° 2 paraît donc bien plus appropriée à notre contexte que
la définition n° 1, qui attribue au mot « doute » le sens (négatif)
d'hésitation, d'incertitude, voire de manque de confiance en soi.
Quel sens doit-on donner ici au mot « cœur » ?
Voici quelques définitions du mot « cœur », extraites d'un dictionnaire :
Chez l'homme, viscère musculaire conique situé entre les deux poumons. Ex. : Dilatation du cœur.
Bonté, sentiments altruistes. Ex. : Avoir un cœur d'or. Avoir le cœur sur la main.
La partie centrale de quelque chose. Ex. : Le cœur d'une laitue, d'un fruit.
Le siège de l'affectivité (sentiments, passions). Ex. : Les sentiments que le cœur éprouve, ressent.
« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Bl. Pascal).
Laquelle de ces définitions convient-elle au sens du mot « cœur » dans le contexte de l’énoncé ?
Les définitions n° 1 et n° 3 donnent une signification concrète du mot « cœur » qui n'est pas recevable : dans notre cas, en effet, il ne s'agit manifestement pas de l'organe physique ni de « la partie centrale de quelque chose ».
Dans l’énoncé, les mots « cœur » et « esprit » constituent visiblement un couple d’opposés (ou d'éléments complémentaires) ; or, l'esprit est traditionnellement considéré comme le siège de l'intellect, et le cœur comme celui de l'affectivité : la définition n° 4 semble donc tout à fait appropriée.
Relisez attentivement les énoncés de l'exercice 5 et indiquez le numéro de la définition qui vous semble correspondre le mieux à chacun des mots-clés retenus suivants, en expliquant chaque fois brièvement la raison de votre choix
- Enfin, la définition n° 2, plausible à première vue, s'avère irrecevable une fois le mot remis dans son contexte : on ne peut, en effet, recommander à autrui − à moins de commettre une surprenante tautologie − de donner à sa bonté (c'est-à- dire en quelque sorte à sa tolérance), l'habitude d'être tolérante !énoncé 1
énoncé 1
Le mot « nécessité » correspond à la définition n° ......
Chose, condition ou moyen nécessaire. Ex. : Nécessités militaires, financières. Les nécessités de la concurrence.
Chose inéluctable qui exerce une contrainte sur l'homme. Ex. : Nécessité intérieure, subjective, profonde.
Privation des biens nécessaires. Ex. : Etre dans une cruelle nécessité.
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énoncé 2
Le mot « égalité » correspond à la définition n° ......
Caractère de ce qui est égal. Ex. : Cas d'égalité des triangles. L'égalité des forces en présence. Les joueurs sont à égalité (de points).
Rapport existant entre des grandeurs égales ; formule qui exprime ce rapport. Ex. :
Égalité algébrique.
Rapport entre individus égaux. Ex. : Égalité devant la loi. Égalité civile, politique, sociale. « Il est faux que l'égalité soit une loi de la nature. » (Vauvenargues). « À mesure que l'égalité politique devenait un fait plus certain, c'est l'inégalité sociale qui heurtait le plus les esprits. » (J. Jaurès).
Qualité de ce qui est constant, régulier. Ex. : L'égalité du pouls. J'admire l'égalité de son humeur.
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énoncé 3
Le mot « lecture » correspond à la définition n° ......
Délibération d'une assemblée législative sur un projet, une proposition de loi. Ex. : Loi adoptée en première lecture.
Action d'appréhender, de comprendre et d'interpréter une réalité. Ex. : Les historiens ont souvent une lecture différente de certains événements.
Action de lire, de déchiffrer ce qui est écrit. Ex. : Une faute de lecture. La lecture d'une carte, d'un plan.
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