Tweet du 8 Mai 2018

Au cours de l’une de mes promenades sur les ondes, essayant d’éviter tant le flot répétitif des musiques du moment, entre deux flashes de pub, que le contenu affligeant des infos du jour, je suis tombée par hasard sur une interview qui m’a fait réfléchir à la place de l’individu dans l’univers technologique qu’il a créé de toutes pièces.

On sait tous que de nombreux métiers ont disparu, qu’ils ne sont plus représentés que pas des images jaunies dans de vieux livres d’histoire remisés au fond de quelques greniers poussiéreux. Adieu aux allumeurs de réverbères, aux poinçonneurs de tickets, aux télégraphistes… Et la liste s’allonge quand on regarde autour de nous. Nombreux sont encore les métiers voués au même destin et il y a de quoi se questionner quand on remplace l’être humain par une machine qui doit savoir parfaitement l’imiter. C’était justement le cas de la femme interrogée dans l’émission qui a retenu mon attention. Une femme connue de tous et qui nous guide sans relâche depuis 1996. Certains vous diront même qu’ils l’associent à des souvenirs d’enfance, à des événements bien précis et plus ou moins marquants ou à quelques anecdotes amusantes. On tend l’oreille dès qu’elle s’exprime, on suit ses conseils à la lettre, on sait tous qu’elle ne déraille jamais et qu’on peut se fier à ses dires… Au fil des années, elle s’est installée dans nos vies et met un peu d’animation dans nos parcours. Toujours là quand on se déplace, c’est avec bienveillance qu’elle nous distille ses indications. Si on devait la décrire, on en parlerait comme de ces petites mélodies connues qui vous bercent dès les premières petites notes lancées dans l’air et qui nous mènent au gré de leurs douces intonations. Si elle nous sert de guide, elle sait aussi nous distraire lorsqu’on l’interroge et nous raconte alors d’amusantes histoires sur ses propres voyages ou déplacements. Mais si tout le monde la connaît, personne ne la reconnaît.

S’il s’agissait ici d’une charade, je vous demanderais déjà qui suis- je ? Toutefois bonne joueuse, je vous donne la réponse, c’est de la voix des gares dont il s’agit, sans mauvais jeu de mots, puisque c’est elle qui vous oriente sur les quais des lignes CFF…

L’une de ces voix porte l’heureux nom de Carole Félix. Avec trois autres collègues, elle travaille sur les quelques 40000 messages préenregistrés qui accompagnent vos déplacements en Suisse romande ; mais ce voyage au long cours d’une carrière professionnelle risque d’être bientôt stoppé au prochain arrêt pour ouvrir la voie à des enregistrements synthétiques… On appelle cela le progrès! Seul petit hic au routage, plutôt comique d’ailleurs, c’est que les parcours lancés par la voix numérique demeurent encore trop robotisés rendant ainsi les annonces scandées et fort peu agréables à l’oreille… Il nous reste donc, peut-être, un peu de temps avant d’assister à cette extinction de voix qui risque d’emporter, avec elle, celle que l’on entend à bord des trains et qui certaines fois permettait de sourire à un reste d’humanité rassurant…

Une chose demeure certaine dans toute cette histoire, c’est qu’avec 20000 à 30000 annonces faites chaque jour au travers de toutes les gares, il ne vaut mieux pas que la voix qui accompagne vos déplacements déraille sous peine de vous égarer… CB@Ella-Maillart#technologie#voyages

 

 

 

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