Quelques notes pour Dominique Catton !

Combien d’élèves genevois auront découvert que le théâtre, de chair et de mots, pouvait leur appartenir, à eux seuls, pour eux seuls ?

Am Stram Gram Le Théâtre fut l’aventure et le combat d’une vie, celle de Dominique Catton. Un amoureux de la transmission, des rêves accomplis dans l’enfance et que l’âge éteint quelquefois, de la langue enfin qui donne de la couleur aux sons et du sens aux émotions.

Le théâtre pour enfants a trouvé avec Dominique Catton son magicien, celui qui ouvrira les portes de la splendide salle de la route de Frontenex à tous les théâtres et à toutes les formes scéniques. Certes, des figures légendaires s’y sont produites, telle Bianca Castafiore, mais beaucoup d’anonymes, des mères malades au moral d’acier, des enfants glacés par l’effroi de devenir adulte, des soldats sots à en croire le diable, des héros et des traîtres, des très gentils et des très méchants, s’y sont pressés pour nous convaincre, nous effrayer et nous séduire.

Ce feu d’artifice a duré plus de 30 ans, rencontrant une adhésion populaire qui ne s’est jamais démentie. Trente glorieuses où le pouvoir du théâtre ne s’est pas émoussé sous les pressions de l’industrie culturelle, et sans connaître, heureusement, le pouvoir grandissant des médias informatiques qui bousculent aujourd’hui  aussi bien notre relation avec la réalité qu’avec une oeuvre dramatique.

Pourtant, jamais le théâtre de Dominique Catton ne fut insouciant ou ignorant de l’univers trépidant qui est le nôtre, d’autant plus rapide quand on est enfant. Délicat, fragile jusqu’à la perte d’équilibre, son théâtre était une forme extrêmement volatile, constituée d’intelligence et de doutes, d’interrogations et d’appels.

Même lorsque le rideau était tombé, la vie, derrière, continuait !