Place des Cultures à Chancy !

Mardi 24 avril 2018
Classe de 7P-8P de Mme Suzanne Kokrda
Ecole de Chancy

Seconde « Place des Cultures » en campagne ! L’école de Chancy, composée de deux bâtiments distincts modernes – représentatifs de deux approches architecturales : les années 70-80 et les années 2010 – une école avec des classes en porte-à-faux aux plafonds lambrissés inclinés et une école aux normes énergétiques, donc moins audacieuse dans ses lignes.
Ce sont des élèves impatients et curieux qui m’accueillent car l’école organise deux jours après une vaste exposition « L’art émoi ». Ils sont désarçonnés par le jeu des définitions: écrire ce que signifie pour eux la culture et citer un objet culturel leur appartenant. L’apport de la campagne est rapidement évoqué mais c’est le domaine du livre et de la lecture qui transparait le plus dans ce premier contact.

Le souvenir d’expériences culturelles vécues au sein de la classe ou lors des années antérieures ne permet pas d’évoquer rapidement des sorties culturelles en ville mais plutôt des excursions dans le cadre de Pro Natura. La question du transport reste un problème tant le village est éloigné de la ville. Les réponses, toujours réservées à ce premier contact, laissent entendre que la sortie au théâtre ou au concert dans le cadre scolaire reste attachée à une étape du parcours académique plus qu’à une occupation sollicitant des notions de choix, de développement personnel ou de plaisir. A ce sujet, nous observons que revient toujours chez les élèves la crainte de répondre « faux » à une question. Cette matinée de partage tentera de réduire cette tendance récurrente pour lui substituer une plus libre expression.

Chancy avant...

Chancy avant…

L’environnement culturel de la classe, de l’école, de la commune est longuement observé en prenant comme moteur l’environnement direct de l’école. En effet, depuis les fenêtres du niveau supérieur du nouveau bâtiment on s’attardera au tracé urbanistique régulier du temple et de l’ancienne école révélant un parfait alignement. On évoquera les armoiries de Chancy au-dessus de la porte de la salle communale, escortées par deux loutres et la jolie mairie devenue bibliothèque.

Chancy bibliothèque

Chancy, l’actuelle bibliothèque

Au tableau noir, l’heure est maintenant à la réalisation de la « Place des Cultures ». A nouveau un tableau blanc ! L’aspect visuel prend une toute autre allure, plus technique, plus glacé.
A quoi sert une place ? Sa forme sera celle d’un écusson et très vite viendront se greffer, telles des parcelles de terrains ou des jardins clos – très importants à Chancy – tous les équipements et institutions culturelles. Une place paradoxalement très urbaine !

 

Places des Cultures (Mme Kokrda)

Places des Cultures (Mme Kokrda)

 

 

Aux questions posées aux élèves sur la connaissance d’œuvres artistiques ou culturelles pour « habiter » cette place (librement choisies, d’hier et d’aujourd’hui), on retrouve un inventaire que le lecteur saura classer: le duo Picasso/Joconde; mais aussi Mozart et Steve Reich ! Aucun panneau DANSE, ni THÉÂTRE mais celui devenu presque habituel des NOUVELLES TECHNOLOGIES qui associent des jeux vidéos à des personnalités historiques novatrices : Einstein, Gutenberg, Magellan. Ces résultats intéressants révèlent aussi un nombre croissant de références relevant de l’industrie culturelle commerciale accessible aisément grâce aux outils informatiques. L’éloignement de Chancy semble plaider pour cette constatation qui fait de l’éloignement physique des lieux culturels une entrave pour leur fréquentation.

Enfin arrive l’invitée-mystère, ce jour-là, la galeriste Véronique Philippe-Gache, directrice de la galerie Ligne 13 à Carouge. Les questions fusent sans que soit promptement découvert son activité professionnelle. En effet, un lieu de présentation d’œuvres d’art qui n’est pas un musée reste un domaine assez étranger aux élèves, de même la notion d’art contemporain. De fil en aiguille, les élèves parviennent à trouver ce métier très éloigné de leurs propres rêves professionnels. Véronique Philippe-Gache évoque son parcours, ses rencontres, l’apport du mécénat dans son activité qui lui a permis de définir sa voir et d’ouvrir une galerie. Mais là ne s’arrête pas le métier de galeriste, c’est plutôt le commencement. En effet, cette activité est aussi constituée de rencontres, de rapports de confiance, de prises de risque, de partage entre l’artiste, le visiteur et le galeriste qui fait office d’intermédiaire entre les sensibilités du public et les intentions des artistes. Une intervention très appréciée des élèves tant ce travail apparait en surplomb, susceptible de rendre remarquable un travail artistique en sachant communiquer à son sujet, en parler, le commenter, l’apprécier pour mieux le défendre.

Véronique Philippe-Gache en action !

Véronique Philippe-Gache en action !

Que retenir au terme de cette matinée ?

L’intérêt certain des élèves pour la culture, une culture cloisonnée localement mais ouverte tant les élèves semblent – lors de vacances ou de voyages – avoir eu l’occasion d’accéder à la culture. Le projet artistique de l’école a aussi beaucoup orienté le discours des élèves vers le savoir-faire artistique, sa production, ses techniques davantage que vers sa valeur patrimoniale et/ou financière évoquée avec notre invitée-mystère. Les productions culturelles en tant que réalisations professionnelles sont encore à découvrir !

Une synthèse exhaustive sera disponible au terme de cette enquête en juin 2018 > Place des Cultures, une expérience mémorable !
E&C EP / SDdB /