Place des Cultures à Chancy, épisode 2 !

Mardi 24 mai 2018
Classe de 7P-8P de Mme Mélanie Lappi
Ecole de Chancy

Dernière « Place des Cultures » en campagne ! L’école de Chancy, composée de deux bâtiments distincts modernes – représentatifs de deux approches architecturales : les années 70-80 et les années 2010 – une école avec des classes en porte-à-faux aux plafonds lambrissés inclinés et une école aux normes énergétiques, donc moins audacieuse dans ses lignes.
Ce sont des élèves curieux et un peu en retraits qui m’accueillent dans la partie des années 70-80. Leur classe possède un volume impressionnant ! Ils sont un peu inquiets par le jeu des définitions: écrire ce que signifie pour eux la culture et citer un objet culturel leur appartenant. La présence de la campagne, des jardins et de l’agriculture est bien sûr évoquée mais dans le domaine culturel c’est davantage le rôle de la famille, ses traditions et sa religion qui apparaissent au premier plan.

Le souvenir d’expériences culturelles vécues au sein de la classe ou lors des années antérieures ne permet pas d’évoquer des sorties culturelles en ville, plutôt des excursions dans le cadre de Pro Natura et, surtout, la présence de nombreuses œuvres d’élèves encore exposées dans les couloirs de l’école et qui composent les vestiges de l’exposition « L’art-émoi » qui s’est tenue quelques semaines auparavant. La question du transport reste un problème tant le village est éloigné de la ville. Les réponses, toujours réservées à ce premier contact, laissent entendre que la sortie au théâtre ou au concert dans le cadre scolaire reste attachée à une étape du parcours académique plus qu’à une occupation sollicitant des notions de choix, de développement personnel ou de plaisir. A ce sujet, nous observons que revient toujours chez les élèves la crainte de répondre « faux » à une question. Cette matinée de partage tentera de réduire cette tendance récurrente pour lui substituer une plus libre expression.

Une loutre...

Une loutre…

et un scarabée !

et un scarabée !

L’environnement culturel de la classe, de l’école, de la commune est longuement observé en prenant comme moteur l’environnement direct de l’école. On évoquera certes le tracé urbanistique régulier du temple et de l’ancienne école, les armoiries de Chancy au-dessus de la porte de la salle communale, mais surtout le cadre architectural de l’école avec la piscine en sous-sol, le patio surélevé, les porches, la forme de la classe avec son petit salon jeux-lectures. La présence d’un insecte contre la vitre permet d’enrichir la conversation d’un aspect moins symbolique de la culture mais tout aussi important: les sciences…Un excellent ancrage pour passer du scarabée à l’Egypte des Pharaons !

Place des Cultures (Mme Lappi)

Place des Cultures (Mme Lappi)

Au tableau noir, l’heure est maintenant à la réalisation de la « Place des Cultures ». A nouveau un tableau blanc ! L’aspect visuel prend une toute autre allure, plus technique, plus glacé.
A quoi sert une place ? Sa forme sera celle d’un cercle imaginée progressivement comme le centre d’un vaste parc de loisirs à mi-chemin entre le sport, les jeux de société, les relations sociales. Une place où la détente et le plaisir sont prioritaires sur des équipements culturels. Le caractère villageois de Chancy reste fidèle à lui-même et n’intègre pas ce qui pourraient apparaître naturel au cœur d’une ville, c’est à dire une sorte de forum bâti !

Aux questions posées aux élèves sur la connaissance d’œuvres artistiques ou culturelles pour « habiter » cette place (librement choisies, d’hier et d’aujourd’hui), on retrouve un inventaire que le lecteur saura classer: le duo Picasso/Joconde; mais aussi Mozart et Beethoven ; Star Wars ! Aucun panneau DANSE, THÉÂTRE ; ARTS VISUELS mais celui devenu presque habituel des NOUVELLES TECHNOLOGIES accompagné de deux tableaux inédits: HUMOUR et HISTOIRE. Si ce dernier regroupement de données est à mi-chemin entre cinéma, livre et théâtre tant les personnages sont emblématiques et universels : Marie-Antoinette, Sissi, Donald Trump, Lady Diana… la famille HUMOUR révèle judicieusement la non-distinction entre le cinéma et la télévision ; le comédien, l’interprète et le one man show ; le travail collectif au sein d’un groupe d’acteurs et la performance virtuose individuelle. A nouveau, l’industrie culturelle relayée par les moyens informatiques favorise cette proximité de la saynète via Youtube, le sketch et le consommateur… des séquences vues comme d’autres lisent des messages sur Twitter !

Catherine Egger à l'oeuvre !

Catherine Egger à l’oeuvre !

Enfin arrive l’invitée-mystère, ce jour-là, la danseuse et enseignante Catherine Egger. Les questions abondent et finalement le domaine de la danse est rapidement découvert mais pas le rôle de pédagogue. De sa vocation née dans l’enfance, Catherine Egger retrace le parcours suivi avec opiniâtreté tout en suivant une formation en décoration afin d’avoir dans les mains un métier. Rencontres, voyages, découvertes et apprentissages l’ont conduite vers l’enseignement au plus près de la jeunesse. Elle excelle avec ce public mais avoue aussi son plaisir à faire entrer dans la danse des publics dits « empêchés » dont les personnes âgées, des membres d’associations de quartier. Elle évoque cette faculté d’adaptation, cette obstination à pouvoir créer et danser n’importe où… Elle clôt sa venue par un montage chorégraphique – une séquence – imaginé avec les élèves sur la thématique d’un nuage observé par la fenêtre de la classe. Une séquence qu’elle déclinera, calme ou tourmentée. Une professionnelle en action !

Que retenir au terme de cette matinée ?

Le chevalet ! Une icône...

Le chevalet ! Une icône…

L’intérêt certain des élèves pour la culture, une culture qu’il méconnaisse en tant que domaine. Si le projet artistique de l’école a beaucoup orienté le discours des élèves vers le savoir-faire artistique, sa production, ses techniques, ils ont découvert que leurs propres connaissances sont immenses et variées et ne demandent qu’à rejoindre cette Place des Cultures, encore ébauchées comme un immense terrain de jeu… mais au détour duquel on trouve sans doute la plus belle représentation d’une toile et d’un chevalet en plein air que l’on puisse voir !

Une synthèse exhaustive sera disponible au terme de cette enquête en juin 2018 > Place des Cultures, une expérience mémorable !
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