Une leçon de vie

« Free Men » raconte la poignante histoire de Kenneth Reams, dans les couloirs de la mort d’une prison de l’Arkansas. C’est le portrait d’un homme qui, bien que complice d’un meurtre alors qu’il avait 18 ans, a subi une condamnation motivée avant tout par le facteur racial.

Si la réalisatrice Anne-Frédérique Widmann n’a pas obtenu l’autorisation de filmer le prisonnier, son documentaire aux images soignées,  redouble d’humanité grâce aux témoignages et aux portraits de personnes proches, son avocat, sa mère, sa tante, son amoureuse, artiste installée en France. Car Kenneth Reams est un artiste lui aussi, un homme courageux « qui travaille tous les jours alors que neuf personnes sur dix craquent dans sa situation » comme l’atteste son avocat, soulignant le confinement de l’espace de vie: « Imaginez-vous vivre vingt ans dans une espace aussi grand que votre salle de bain » .

La réalisatrice a visiblement établi une relation de confiance avec Kenneth, comme en attestent ses coups de fil. Si le téléphone est le seul lien possible avec l’extérieur des condamnés à mort, la prison n’en possède qu’un, qu’il faut réserver à l’avance tout en espérant que ce privilège ne sera pas entravé par l’arbitraire des responsables de la prison. Car, souligne Anne-Frédérique Widmann, dans les couloirs de la mort, « on n’a aucun droit, que des privilèges ».

Convaincue de la nécessité de faire connaître son sort pour éventuellement l’infléchir, la réalisatrice profite de la sortie en salle de son film pour offrir une expérience culturelle et humaine inédite aux élèves du canton. A la suite de cinq projections scolaires à l’adresse d’élèves du secondaire I et II, Anne-Frédérique Widmann partage le coup de fil avec la salle.

De l’écran à la réalité… et recevoir une véritable leçon de vie, tant l’homme s’adresse aux jeunes avec présence, clairvoyance et conviction pour les exhorter à être libres, à ne pas céder à la pression des autres et aux préjugés, à ne pas accepter les trop nombreux « non » qu’on leur oppose.

Homme de courage donc, inspiré et vivant de ses rêves, il fait vaciller la compréhension du mot ‘liberté’. Lors d’un échange téléphonique en direct, il nous livre son rêve de retrouver un jour des sensations, celles de toucher d’autres humains, de sentir l’odeur d’un gâteau au four, … D’ailleurs, la première chose qu’il fera en sortant de prison sera de rouler jusqu’à l’océan pour pouvoir y plonger ses pieds. A ce moment-lé, il comprendra vraiment qu’il est un homme libre.

Liens presse, dont un reportage de Léman Bleu lors d’une scolaire :

http://www.lemanbleu.ch/fr/News/Des-etudiants-rencontrent-un-condamne-a-mort.html

https://www.rts.ch/play/radio/linvite-du-12h30/audio/anne-frederique-widmann-presente-son-nouveau-documentaire-free-men-sur-la-peine-de-mort-aux-etats-unis?id=1021475

https://www.rts.ch/play/tv/mise-au-point/video/interview-dun-condamne-a-mort?id=10226085&fbclid=IwAR0dMxmg54zHjlPaF5Q40uNvvB4tOE3u08sSbjIby3Be6l3T8UHu8iwR3L8

Présentation complète dans l’annonce sur le site d’Ecole&Culture / Activités :

Cinéma – Dialogue avec un condamné à mort – Chappatte présente « Free Men » de Widmann