Strange Fruit d’Emmanuel Eggermont

Du 22.01.2020 au 26.01.2020
ADC (Association pour la Danse Contemporaine)

Une archive historique. Le poème d’Abel Meeropol Strange Fruit sur le racisme aux USA dans les années 30. Pour révéler les sensations contradictoires que la violence provoque en nous. Entre l’effroi et la fascination.

«Les arbres du Sud portent un étrange fruit / Du sang sur les feuilles et du sang aux racines / Des corps noirs se balancent dans la brise du Sud / Fruit étrange suspendu aux peupliers.» Ainsi commence la complainte qu’écrit Abel Meeropol pour témoigner de la banalité quotidienne de la violence raciale aux Etats-Unis dans les années trente. Popularisée par la chanteuse de jazz Billie Holiday, de multiples reprises lui font traverser le temps jusqu’à nous. Lorsque l’historien Pierre Schill met entre les mains d’Emmanuel Eggermont les archives photographiques récemment trouvées du conflit italo-lybien (1911-12), la chanson lui revient. Tous ces documents deviendront l’objet de Strange Fruit.

Mais que peut la danse contre la violence ? « La danse, quand sa prioritéest de révéler le corps, l’espace et le temps, est un médium capable, à partir du corporel, de rejoindre le spirituel. Elle offre la possibilité d’émotions délicates qui ne peuvent s’exprimer par nos mots. » Témoigner autrement, témoigner encore. Se joignant à la poésie, à la musique et à la photographie Emmanuel Eggermont fait entendre la voix du corps.

Sur le plateau tendu de noir, huit panneaux blancs en plâtre accueillent les pas du danseur. Sobrement habillé de bleu, il entre sur une scène comme dans une photographie. Le sol semble de papier, un cercle de lumière blanche au-dessus de lui projette des ombres, d’énigmatiques accessoires jouent d’opacité et de brillance. Il faut beaucoup d’acteurs pour un solo d’une telle intense simplicité. Dans ce décor que musique et lumière mettent sous tension, son corps grave une épure, élève des architectures, déplace l’espace physique vers des constructions mentales. Strange Fruit ouvre des espaces où Emmanuel Eggermont rassemble histoire, architecture, musique et arts plastiques pour dénoncer la violence. Sans jamais la citer, il éveille en nous des sensations contradictoires, effroyables et fascinantes.

Responsable de la médiation: cecile.simonet@adc-geneve.ch

Lieu: salle des Eaux-Vives de l'ADC
Durée approximative: 1 heure
Contact pour la réservation: cecile.simonet@adc-geneve.ch
Années scolaires : 2019-2020
Degrés : Sec I, Sec II
Domaines : Arts visuels, Danse, Histoire, archéologie, Pluridisciplinaire
Types : Manifestation artistique publique
Contextes : Spectacle vivant
Disciplines : Anglais, Arts visuels, Citoyenneté, Création, Culture et Art, Culture générale, Histoire
Thématiques: histoire, racisme, xénophobie, guerre, anthropologie