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Pour faciliter la lecture, le masculin est utilisé dans un sens générique. Il renvoie sans distinction aux deux sexes.

A la une

L’interdisciplinarité au service des élèves : immersion à l'école de L'ARC

L’école subventionnée de L'ARC offre depuis 1987 des prestations d’enseignement spécialisé pour des élèves de la 3P à la 8P orientés dans cet établissement par l’Office médico-pédagogique. Une équipe pluridisciplinaire composée d’enseignants spécialisés, de psychopédagogues, de logopédistes et d’un éducateur encadre une septantaine d’élèves en groupe-classe ou lors de prises en charge plus individualisées hors de la classe.

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Rencontre avec M. Pierre-Yves Duparc, directeur de l'école de L’ARC.

Qu’est-ce que L’ARC et à qui s’adresse cette structure ?
L’ARC, une autre école
est une institution privée subventionnée. Elle accueille des enfants en situation de difficulté et/ou d’échec scolaire(s) qui ont le droit de bénéficier de mesures de pédagogie spécialisée car leur maintien ou leur admission dans un établissement de l’enseignement régulier n’est pas ou plus possible en raison de leurs besoins particuliers. Chaque élève est au bénéfice d’un projet individuel qui comprend des objectifs en termes de compétences scolaires mais aussi de comportements transversaux. Après leur passage à L’ARC, un tiers environ des élèves rejoignent l’enseignement régulier, les deux tiers poursuivent dans d’autres structures (classes intégrées ou écoles de formation préprofessionnelles, par exemple) ou privées.

En quoi consiste la pédagogie active à l’œuvre au sein de l’école ?
Il s’agit de mettre l’élève dans une situation de recherche pour l’amener à une découverte par lui-même des éléments à acquérir plutôt que de procéder à une transmission directe et/ou à une démonstration de la part de l’enseignant. Les principes de tâtonnement et de droit à l’erreur sont centraux : l’erreur est une source de progression !

En quoi la pluridisciplinarité de l’équipe contribue-t-elle à un meilleur accompagnement des élèves ?
La pluridisciplinarité compte parmi les caractéristiques et les valeurs centrales de L’ARC. Elle permet de porter un regard croisé sur un élève en difficulté, d’échanger les points de vue et d’agir de manière concertée et coordonnée afin d’apporter le soutien le plus adéquat.

Comment se fait la coordination entre les différents professionnels  pour le suivi d’un élève et/ou d’un groupe-classe ?
Des moments de rencontres réguliers sont instaurés : colloques pédagogiques hebdomadaires réunissant l’ensemble des collaborateurs, échanges entre différents corps de métier ou entre pairs, supervisions sont autant de moments d’échange et de coordination indispensables au suivi des élèves et, plus globalement, au bon fonctionnement de l’école. A ces temps formels s’ajoutent des moments informels : le partage du moment du repas de midi constitue ainsi un espace d’échange tout aussi précieux.


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Quels « ingrédients » rendent possible le travail collaboratif et la création d’une culture partagée entre des personnes venant d’horizons professionnels différents ?
Il est essentiel que chacun connaisse son propre champ de compétences, qu’il accepte et qu’il respecte les spécificités métier de ses collègues : c’est la complémentarité qui permet le travail en équipe ! Le partage de valeurs communes (le projet pédagogique, la charte, par exemple) et la confiance mutuelle constituent, par ailleurs, des socles indispensables. Enfin, des formations collectives contribuent à construire un langage et une culture professionnelle partagés.

Un exemple de réalisation portée par l’équipe et dont vous êtes fier ?
Je me réjouis de l’ouverture progressive de l’école sur l’extérieur. Les projets d’intégration partielle d’élèves de l’ARC dans des classes de l’enseignement régulier, l’invitation d’élèves d’une école de quartier voisine à participer à un tournoi de tennis de table ou encore la 1ère participation des élèves de L’ARC au tournoi de football scolaire témoignent de belles synergies avec l’école régulière.

Quelles sont les perspectives d‘évolution de L’ARC pour les prochaines années ?
Parmi les défis qui attendent l’école : une diversification des prestations pour mieux prendre en charge des situations toujours plus complexes ainsi qu’une collaboration accrue avec l’école régulière. L’ARC doit rester une école de passage, qui accueille des élèves blessés dans leur parcours et qui les accompagne dans un travail de réparation pour mieux les laisser repartir vers d’autres structures.

Comment l’expérience de L’ARC peut-elle accompagner le DIP dans son chemin vers une école plus inclusive ?
De par sa taille (70 élèves, des classes composées de 10 élèves) et son fonctionnement (direction de proximité, gestion « artisanale », interdisciplinarité), L’ARC se prête à l’expérimentation de pratiques innovantes et permet une réactivité certaine dans la gestion des situations. En ce sens, le partage d’expériences avec des professionnels de l’enseignement public, par exemple dans le cadre de formations conjointes, constitue une richesse.
Je conçois L’ARC comme une structure complémentaire aux dispositifs du DIP. Sa raison d’être et sa réussite, c’est de n’être « qu’une » école de passage pour des élèves appelés à devenir demain des citoyens du monde.

Pour en savoir plus: site de L'ARC, une autre école.

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Actualités

Six équipes pluridisciplinaires de plus au service de l'enseignement primaire

Dès la rentrée scolaire d'août 2017, six nouveaux établissements scolaires primaires rejoindront le dispositif d'équipes pluridisciplinaires qui consiste à doter les équipes de quatre professionnels supplémentaires (enseignant spécialisé, éducateur, logopédiste, psychologue) et en augmentant le taux de présence de l'infirmier scolaire. Les  établissements retenus sont:
-    Mail / Carl-Vogt
-    Tambourine / Troinex / Vigne-Rouge
-    Anières / Corsier / Gy / Hermance / Jussy / Presinge
-    Seujet / Devin-du-Village / Necker / St-Jean
-    Cayla / Europe
-    Tattes / Gros-Chêne / Racettes

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Les trois établissements qui ont participé à la phase pilote (Bernex, Champs-Fréchets / Cointrin, Cité-Jonction / Plantaporrêts) poursuivront également l'aventure. Une analyse du service de recherche en éducation (SRED) a accompagné cette expérience qui se sera déroulée sur deux années scolaires.

Analyse du SRED

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Zoom sur...

Décrochage de la formation: quand les parents racontent

L’interruption de la formation au secondaire II bouscule non seulement les jeunes, mais aussi leurs parents. Une étude du SRED analyse la manière dont ces derniers donnent un sens à cet événement. Leurs récits traduisent différentes conceptions du décrochage, qui apparaît non seulement comme un problème entre le jeune et le système de formation, mais aussi comme un processus qui engage ses proches. Tantôt soutien et tantôt obstacle à la formation, les parents jouent un rôle souvent central dans la reprise d’une école ou d’un apprentissage. Ils demandent à être mieux reconnus par les acteurs institutionnels.

Des récits à géométrie variable

Les récits ne montrent pas une compréhension stable et partagée du décrochage, mais dessinent un objet fait d’interrogations, de contradictions et de remaniements. Pour une même situation, les acteurs, l’enchaînement des événements et les liens de causalité varient selon le narrateur et le contexte du récit. Isabelle et Lucas [1] relatent l’arrêt de formation de leur fils en insistant, pour la première, sur son caractère accidentel et, pour le second, sur l’ « immaturité » et la faible motivation du jeune. De la même manière, les parents intègrent ou au contraire excluent des circonstances qui modifient le sens du décrochage – d’abord incrédule face aux « injustices » dont son fils s’est dit souffrir, Nadia le présente aujourd’hui plutôt comme victime et adhère à son point de vue. Ainsi, ces récits sont indissociables de l’image du jeune, qu’ils contribuent à façonner autant qu’ils en sont le produit.

Au-delà du rôle de leur fils ou de leur fille, les parents questionnent aussi leur propre responsabilité et celle du système de formation. Certains regrettent de ne pas s’être alertés plus rapidement de difficultés ou d’un manque d’engagement dans la formation ; d’autres relèvent leur embarras à fournir un soutien adéquat ; plusieurs parents soulignent l’importance d’une réponse des acteurs institutionnels qui intervienne dès les premiers signaux de difficultés.

L’enjeu de la reprise de formation

Créer un sens autour du décrochage constitue une étape nécessaire pour aider au retour en formation. En interrogeant leur propre responsabilité, les parents posent aussi la question de leur intervention auprès du jeune : est-elle nécessaire ? opportune ? ou encore réaliste ? L’âge de leur enfant, le fait qu’il vive sous le toit familial ou encore la qualité du dialogue contribuent à structurer les opportunités de soutien. En outre, ces questions abordent les conditions où peut légitimement s’exercer l’autorité parentale. Plusieurs parents font état du décalage entre leur souhait de « responsabiliser » leur enfant en l’« accompagnant » et la nécessité d’user du levier de la dépendance, notamment économique, pour le « forcer » à s’investir dans des démarches. L’injonction à « se prendre en main » semble ainsi révélatrice de l’équilibre fragile entre dépendance et autonomie lors du passage progressif à l’âge adulte.

Crédit photo Shutterstock LDD

[1] Prénoms fictifs

 

Quel partenariat avec les acteurs institutionnels ?

Les besoins de soutien des parents ne sont pas uniformes. Alors que certains souhaitent être davantage impliqués, d’autres mettent l’accent sur la responsabilité du jeune et les tensions familiales autour des questions liées à la formation, appelant à ce que soient reconnus les obstacles (matériels, relationnels, institutionnels) à un investissement plus soutenu de leur part. En outre, plusieurs parents peinent à identifier les acteurs institutionnels ainsi que les situations et les moments où ils peuvent les solliciter. Ils souhaiteraient davantage d’échanges avec les formateurs, la direction des établissements, ainsi que les professionnels de la prévention du décrochage et du soutien au retour en formation.

Les besoins de soutien se situent en amont et au-delà du décrochage, à propos duquel les parents partagent une même conviction : une prise en charge aussi précoce que possible constitue le meilleur moyen d’éviter une interruption de formation. A leur sens, des mesures préventives devraient accompagner tout le parcours afin de mieux préparer la transition vers la formation et se poursuivre au secondaire II. Ils appellent aussi à identifier et à désamorcer les difficultés en assurant notamment une bonne communication entre les acteurs institutionnels concernés, le jeune et ses parents. Dans ce cadre, ils apprécieraient une aide au retour en formation qui repose sur une prise en charge globale, intensive et individualisée.

Au final, l’étude réalisée montre que les parents ont connaissance de structures d’aide au retour en formation. Mais ils ne perçoivent pas toujours le sens de leur action, notamment en raison d’une certaine technicité. Leurs témoignages mettent en évidence le besoin d’une meilleure information et d'une plus grande accessibilité aux ressources existantes pour leur permettre de comprendre la démarche de retour en formation, de se l’approprier, d’y adhérer, de participer et d’accompagner leur enfant dans ce cadre.

A propos de l’étude
L’étude « Interruptions prématurées de formation de niveau secondaire II : la parole aux parents » a été réalisée sur mandat de l’Observatoire du décrochage scolaire au cours de l’année 2016. Dix entretiens ont été menés avec des parents de jeunes âgés de 16 à 20 ans, en situation de décrochage ou, pour certains, ayant déjà repris une formation. Les situations des 7 femmes et 3 hommes ayant participé varient en termes familiaux et professionnels, ainsi qu’en fonction du parcours et de la formation interrompue par leur fils ou leur fille. Sans visée de généralisation ou d’exhaustivité des situations, cette recherche met en lumière des pistes pour mieux comprendre, au-delà du jeune, l’expérience de l’interruption de la formation.
Lien vers le rapport de recherche : cliquer ici.

Le décrochage en quatre scénarios
Quatre scénarios idéaux-typiques se dessinent derrière les témoignages recueillis. Le premier est celui de l'échec de la formation, soit une non-promotion ou un renvoi de l’entreprise formatrice. Les parents décrivent alors le décrochage comme le fruit des difficultés du jeune à répondre aux exigences de la formation. L’interruption est aussi racontée avec fatalisme quand elle est présentée comme un accident, où le jeune apparaît en victime de circonstances imprévisibles et indépendantes de sa volonté. Sans s’attarder sur les événements qui ont mené au décrochage, d’autres parents insistent plutôt sur le faible engagement dans la formation, soulignant ainsi la responsabilité du jeune.  Enfin, dans la rupture globale, le décrochage se donne à voir comme le résultat d'un processus d’exclusion par les institutions d’une part et, d’autre part, de rejet du monde adulte par le jeune.

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Mais encore...

La prévention des discriminations désamorce les ruptures scolaires et favorise les apprentissages

L'unité anti-discriminations du DIP en collaboration avec le Bureau de l'intégration des étrangers (BIE-DSE) et le Bureau de la promotion de l'égalité entre femmes et hommes et de prévention des violences domestiques (BPEV-PRE) s'engagent à renforcer la prévention des préjugés, des discriminations et des violences dans le cadre de l'enseignement public. En ce sens, un mandat a été donné à la Haute Ecole de travail social (HETS) pour une recherche-action grâce à un soutien financier du BIE-DSE.

Rencontre avec la Dre Caroline Dayer, chargée de cette étude.

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Quelques ouvrages pour aller plus loin sur le chemin de l'école inclusive

Réinventer l'école? Politiques, conceptions et pratiques dites inclusives, sous la direction de Greta Pelgrims et Jean-Michel Perez, Suresnes, France: Editions de l'INS HEA, collection Recherches.

couverture ouvrage Réinventer l'école?

L'école inclusive, Niki Elliot, Elaine Doxey et Val Stephenson, Chenelière Education, collections Clés pédagogiques, 2009: des trucs, des outils et des conseils pratiques pour créer un environnement scolaire dans lequel tous sont inclus et valorisés.L'ecole inclusive

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