Dyspraxie

Dernière mise à jour: 2 février 2018

La dyspraxie développementale est un trouble spécifique du développement moteur. On peut la considérer comme :

  • un Trouble d’Acquisition de la Coordination (TAC) décrit par les chercheurs et cliniciens comme une maladresse motrice de la réalisation du geste (mild motor problem) ;
  • un trouble de cette même réalisation gestuelle secondaire à un défaut de la représentation mentale des gestes volontaires (trouble cognitif praxique conceptuel).

La dyspraxie est qualifiée de spécifique lorsqu’elle exclut un retard intellectuel ou une affection neurologique.

On trouve différentes formes de dyspraxie :

  • dyspraxie constructive :
    • visuo-spatiale : trouble de la planification du geste, de l’organisation du regard (recherche ou poursuite visuelle d’un élément dans l’espace) et de l’espace (surtout à deux dimensions comme la feuille de papier ou le tableau noir) ;
    • non visuo-spatiale : trouble de l’assemblage des éléments de l’espace (comme dans un puzzle ou plus généralement le travail manuel). Dans ce type de dyspraxie au contraire de la dyspraxie constructive visuo-spatiale, les aides visuelles sous forme de schéma, de modèles s’avèrent d’un bon secours.

La dyspraxie constructive a des implications directes sur les apprentissages : écriture, dessin, mathématiques (dénombrement, géométrie …) ou lecture (saut de lignes, fatigabilité).

  • dyspraxie idéatoire : difficultés de planification et de réalisation du geste comme en manipulation d’objets ou d’outils (crayon, marteau …) et cela, bien que l’enfant connaisse leur usage ;
  • dyspraxie idéomotrice : difficultés de réalisation des gestes symboliques (propre mimo-gestualité de la personne ou imitation du geste d’un tiers : geste d’au-revoir…) ; l’enfant sait planifier son geste mais l’exécute maladroitement ;
  • dyspraxie de l’habillage (habits à l’envers, boutonnage, laçage) ;
  • dyspraxie bucco-linguo-faciale : difficultés à réaliser des gestes simples ou complexes de la bouche (langue, lèvre et mimiques).

La prévalence de la dyspraxie est de 3 à 6% ; elle touche 3 à 5 fois plus les garçons et elle est souvent associée dans 50% des cas à un trouble THADA (trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention). On ne peut pas établir un diagnostic de dyspraxie développementale avant l’âge de 4 ans.