Dyslexie

Dernière mise à jour: 16 mars 2018

Description de la dyslexie :

La dyslexie est un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture, liée à une difficulté particulière à identifier les lettres, les syllabes ou les mots, qui se manifeste en l’absence de tout déficit visuel, auditif ou intellectuel et malgré une scolarisation normale.

Le mot dyslexie signifie « difficulté (dys) avec les mots, le lexique (lexia) ».

La dyslexie se définit comme un trouble du langage écrit caractérisé par une difficulté persistante d’apprentissage de la lecture chez des enfants (ou des adultes) intelligents, qui sont (ou ont été) normalement scolarisés, ne souffrant ni de troubles sensoriels (surdité, cécité…) ni de troubles majeurs de la personnalité ; leur appartenance sociale ne jouant pas de rôle dans l’émergence du trouble.

Notons que, selon l’OMS, dans le cas d’un déficit sensoriel les difficultés en lecture ne doivent pas dépasser celles habituellement associées à celui-ci.

On parle de dyslexie développementale et de dyslexie acquise ; ce dernier terme étant réservé à des troubles de la lecture consécutifs à une atteinte lésionnelle avérée du cerveau à la suite d’un accident vasculaire, d’un traumatisme crânien, d’une tumeur…

La lecture :

L’activité de lecture est complexe et nécessite l’acquisition et la mobilisation d’un certain nombre de compétences :

  • métaphonologiques (conscience et habiletés des sons) ;
  • grapho-phoniques (règles de correspondance écrit-oral) ;
  • visuo-orthographiques (représentation de la séquence de lettres) ;
  • morpho-lexicales (construction/subdivision des mots) ;
  • cognitives
    • mémoire de travail (maintien et traitement à court terme de l’information) ;
    • délimitation du champ de connaissances (connu versus inconnu) ;
    • établissement d’inférences (déduction des éléments non inscrits) ;
  • pragmatiques
    • intention de l’auteur ;
    • décentration sur les personnages (prendre le point de vue des personnages) ;
  • textuelles
    • identification du type de texte ;
    • traitement des éléments de cohésion (connecteurs, anaphores, concordance des verbes).

Pour caractériser la lecture (L), on utilise souvent l’équation suivante : L= IxC (Identification de mots x Compréhension)

La dyslexie développementale concerne l’identification des mots mobilisant les compétences métaphonologiques, grapho-phoniques, visuo-orthographiques et morpho-lexicales.

A l’heure actuelle, nous distinguons deux types principaux de dyslexie :

  • dyslexie phonologique (60 et 67 % de la population dyslexique) : déficience de la voie d’assemblage (passage par l’oral pour accéder à la signification du mot, soit le déchiffrage d’un mot) ;
  • dyslexie lexicale ou de surface (10 et 20% de la population dyslexique) : déficience de la voie d’adressage (passage direct au sens par identification visuelle du mot, soit la reconnaissance immédiate du mot sans passer par le déchiffrage).

Le mélange des deux types de dyslexie est fréquent ; on parle alors de dyslexie mixte (20 et 25 % de la population dyslexique).

Explications étiologiques de la dyslexie :

On reconnaît unanimement des bases neuro-biologiques à la dyslexie (dysfonctionnement cortical et facteurs héréditaires). Plusieurs explications étiologiques sont évoquées :

  • Explication phonologique, la plus partagée : incapacité à isoler, manipuler les « sons » de l’oral (phonèmes, syllabes). La difficulté de l’identification des mots reposerait d’après cette théorie sur l’incapacité à établir des correspondances entre le graphème identifié (plus petite unité écrite) et le phonème correspondant (plus petite unité orale) du fait d’un dysfonctionnement du cerveau ;
  • explication par un déficit visuel ou visuo-attentionnel : anomalie du traitement de l’information visuelle lors des mouvements saccadés de l’œil au cours de la lecture, altérant la netteté et l’amplitude (empan) de la perception des graphèmes notamment à droite du point de fixation de l’œil ;
  • explication par un dysfonctionnement du traitement de l’information temporelle. Les dyslexiques présenteraient des difficultés à discriminer et/ou se remémorer des suites rapides auditives (phonèmes) ou visuelles (graphèmes).

Caractéristiques possibles d’une dyslexie:

Les prédicteurs fiables précoces d’un futur trouble dyslexique sont :

  • La présence de troubles familiaux du langage oral ou écrit (hérédité : 30 à 50 % des cas selon les études) ;
  • Les retards de langage ou troubles spécifiques du langage chez l’enfant (dysphasie) ;
  • Les troubles de parole (ou phonologiques : confusions et inversions de sons en expression) .

Un certain nombre de caractéristiques et de troubles associés à la dyslexie sont de mauvais prédicteurs, ils ne sont pas forcément assimilés à des difficultés de lecture :

  • la gaucherie manuelle ;
  • les confusions gauche-droite (inversions des lettres) ;
  • les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ;
  • un trouble de la mémoire visuelle ;
  • une absence de dominance oculaire ;
  • un trouble développemental de la coordination motrice ;
  • un trouble du comportement ;
  • un bilinguisme.

Les signes à l’âge scolaire sont :

  • le non-accès au déchiffrage en fin de 3P en dehors d’un retard plus général, d’une fréquentation scolaire irrégulière ou d’un autre trouble psychiatrique ou neurologique ;
  • la non-compréhension d’un petit texte en fin de 4P ;
  • la non fluidité en lecture (lecture lente, hachée et erronée) à tout âge.

L’évolution à long terme

À l’adolescence et à l’âge adulte, les capacités sont très variables. Certains individus restent « bloqués » dans les phases initiales du développement du langage écrit sans pouvoir développer une lecture fonctionnelle (acquise en 6P). À l’autre extrême, des individus peuvent compenser parfaitement leurs difficultés .

Dans la plupart des cas, les enfants souffrant d’ une dyslexie développent des capacités de lecture fonctionnelle à l’adolescence mais en présentant :

  • des problèmes dans l’identification des mots nouveaux ;
  • une lecture lente et imprécise du fait de la charge cognitive consacrée au traitement lacunaire des mots ;
  • une moins bonne compréhension du texte due à ce manque de prise d’indices fins (identification) ;
  • une orthographe déficitaire.

Dans les pays occidentaux, 30% des jeunes adultes illettrés présentent une dyslexie.

Rappelons que l’on ne peut pas établir un diagnostic de dyslexie développementale de façon certaine avant l’âge de sept ans. Cependant on restera attentif aux signes prédictifs.