Le festival Reflex prime un film colombien

Mercredi, 29 Avril, 2015

Le palmarès complet de la 1ère édition du festival Reflex, avec La paix dans le viseur comme thème imposé, est désormais connu.

Le Grand Prix Juchum a été attribué à un film colombien : Dialogos, de Marcela Morelo Lozada. Le jury a apprécié l'originalité de cette fiction bien rythmée, drôle, cruelle et décalée avec un scénario très bien construit, où transparaît une critique acerbe des médias à travers notamment des détails sur les apparences trompeuses et la langue de bois. Quelques problèmes techniques néanmoins liés au son et aux sous-titrages. Dialogos a également été récompensé comme meilleur film de la catégorie 20-26 ans.

Le prix Histoire et cité est revenu à La pomme de la discorde de Constantin Hermann (Genève). Ce film, amusant et particulièrement en phase avec la thématique retenue, contient quelques prouesses techniques d'incrustation. Faiblesse : le son et les images sont parfois peu audible ou lisible.

S'évader, de Cassandre Froelicher, a obtenu le prix Animatou (Genève). Cette belle animation, fluide et cohérente avec le thème de la paix, montre, grâce au principe des allers-retours la difficulté de construire la paix.

Dans la catégorie 12-15, deux films obtiennent la palme ex-aequo. Il s'agit d'Un moment de paix, de Suzanne Marchou et Reflex d'Adrien Wagner, tous deux Vaudois.

Considéré comme le formellement plus abouti des films en compétition, Un moment de paix propose un scénario linéaire, lisible drôle et original, notamment par son univers visuel. Les acteurs – des adultes – s'en sortent très bien. La qualité de l'image, du son, du montage et la richesse des dialogues laissent apparaître une certaine maîtrise. Seul bémol : il est clair aux yeux du jury que ce film a été réalisé avec l'intervention d'adultes.

Pour sa part Reflex propose un suspense perturbant sur le thème de la paix (guerre?) intérieure. La réalisation, très pro, est excellente, avec des cadrages originaux et une musique appropriée. Ce traitement expérimental génère de l'émotion. La fin est quelque peu décevante, mais elle est cohérente avec l'ensemble. La réflexion menée sur la psychologie est apaprue admirable pour un jeune de cet âge.

Notons également qu'Adrien Wagner a obtenu le prix du public vaudois et la mention Approche très sensible de la réalité pour un second film proposé : Loin pour la paix. Il s'agit d'un joli montage émouvant constitué de témoignages de réfugiés. Quelques clichés néanmoins notamment avec les images d'une Suisse en paix, dixit le jury.

Chez les 16-19 ans, A la recherche de la paix, d'Oriane Rajaonarivo, remporte la mise. Quoique un peu hors sujet, ce film a plu par son ton décalé – humour 3e degré et satyre du bio – les belles images proposées, la mise en scène, la maîtrise technique et sa fraîcheur. Un film sympa, même si peu consistant et pas abouti.

Enfin, le prix du public genevois récompense Une vie de chien, de De Quissema, Loffredo et Dessuet. Ce film très bref et très drôle épouse le regard subjectif d'un jeune chiot.

Pour rappel, le Festival Reflex est issu du regroupement du Festival vidéo et multimédia des écoles du SEM et du Concours des jeunes réalisateurs proposé par Vision du Réel. Après la paix, les participants de la prochaine édition devront faire face au huis clos, thème retenu pour 2016.