Suggestions pédagogiques pour la dyscalculie

mercredi 21 septembre 2011
par Comité rédactionnel


En préambule

La liste ci-dessous contient un ensemble de propositions susceptibles de soutenir l’élève dys- dans son apprentissage, et plus généralement l’ensemble des élèves. Relevons néanmoins, que tous les élèves dys- ne présentent pas les mêmes difficultés et que les aides proposées seront plus ou moins efficaces en fonction de leurs profils.

Par conséquent, les propositions ci-dessous doivent donc être sélectionnées en fonction des besoins de chaque individu et l’ensemble des élèves de la classe peuvent bénéficier des mesures pour une élève dys-.

Certains de ces conseils sont plus adaptés à certaines filières et spécialement au 10e degré.

La plupart des propositions ci-dessous font certainement déjà partie intégrante des moyens didactiques mis en œuvre par l’enseignant pendant les cours. Il peut cependant être utile d’en dresser la liste dans la perspective d’une pédagogie différenciée adaptée aux élèves présentant une dyscalculie, qui les aide à développer des stratégies compensatoires.

2a. Attitude pédagogique

  • expliquer en classe, avec le consentement de l’élève, la signification des aménagements spécifiques qui pourraient bénéficier par ailleurs à l’ensemble du groupe ;
  • être patient face à sa lenteur dans la construction du système numérique, des opérations et la compréhension des situations-problèmes mathématiques ;
  • l’accompagner dans l’identification de ses propres moyens de compensation pour aboutir à une plus grande autonomie et rapidité dans les apprentissages logico-mathématiques ;
  • planifier les tâches et fixer un temps maximum de devoirs. Privilégier la qualité à la quantité ;
  • accorder plus de temps à l’accomplissement des travaux ;
  • encourager la verbalisation de la démarche réflexive.

2b. Organisation de la classe et consignes

  • placer l’élève loin des fenêtres, au premier rang, proche des documents de référence affichés en classe (tables d’addition, de multiplication, chaîne numérique, différents codes de représentation analogiques…) ;
  • diminuer momentanément la quantité de tâches à effectuer en préférant la compréhension de la construction du nombre avec du matériel concret avant de passer au comptage ;
  • encourager la compréhension de la situation-problème posée en laissant momentanément le calcul de l’opération de côté ou en fournissant un facilitateur (calculette) ;
  • présenter l’information sous plusieurs formes : code analogique (matériel concret), chiffre arabe et code verbal ;
  • éviter un matériel peu mobile pour soutenir l’écriture des nombres (préférer des éléments d’unités emboîtables ou déplaçables comme plus haut plutôt que les "barres et tablettes de chocolat" statiques induisant la transcription "non réfléchie") ;
  • privilégier le travail sur la base 10 soutenu par du matériel "transparent" rendant visibles les transformations (cf. mallette de Brissiaud, voir ci-dessous) ;
  • privilégier le travail sur la décomposition des nombres plutôt que le comptage
    8+7= (8+2)+5=10+5=15 en utilisant un matériel concret favorisant les représentations (jetons, bâtonnets…), mallette de Brissiaud ;
  • illustrer abondamment les situations-problèmes pour aider à saisir les transformations à opérer sous forme mathématique .(voir matériel didactique des maths du DIP) ;
  • privilégier une formulation plus pragmatique facilitant la compréhension de l’énoncé. Marc a X billes, Louis a Y billes et Sam a Z billes .

Ex 1 : Énoncé complexe :
Louis a 5 billes, Marc a 10 billes et Sam a 3 billes
Combien Marc a-t-il de billes de plus que Louis et Sam ensemble ?

Énoncé facilitateur (question en premier)
Combien Marc a-t-il de billes de plus que Louis et Sam ensemble ? Marc a 10 billes, Louis a 5 billes et Sam a 3 billes.

Ex 2 : Énoncé complexe :
Il y a 5 oiseaux et 3 nids. Combien y a-t-il d’oiseaux de plus que de nids ?

Énoncé facilitateur (plus concret)
Il y a 5 oiseaux et 3 nids. Combien d’oiseaux n’auront pas de nids ?

2c. Outils pédagogiques

  • à lire document "Dis, fais-moi un dessin" pour rédiger des bonnes consignes en math ;
  • utiliser comme base de travail du matériel concret de type "Je compte … tu compares" de Rémy Brissiaud ;
  • utiliser, en classe enfantine, de préférence des jetons déplaçables lors du dénombrement au lieu d’une chaîne statique pour mieux visualiser la cardinalité (visualisation du groupe de jetons dénombrés) ;
  • matériel : Picbille - VALISE DE PICBILLE en plastique, dans laquelle on peut ranger 10 boîtes comprenant chacune 10 jetons (soit 100 jetons) en deux couches de 5 boîtes de 10 dans la collection "J’apprends les maths" .

2d. Suggestions pour la dyscalculie

  • entraîner dans les petites classes, la reconnaissance à l’aveugle de ses doigts (gnosie digitale), sa non-maîtrise s’avérant un facteur prédictif de trouble dyscalculique : utiliser une représentation des doigts en couleur pour indiquer le doigt à identifier par exemple ;
  • insister sur une bonne maîtrise du comptage-dénombrement et surtout des transformations (opérations) sur des petites quantités (jusqu’à 3-4 en enfantine) ;
  • effectuer des multiples opérations ou transformations masquées, avec des jetons dans la main par exemple, et venir au comptage seulement quand l’enfant possède un "petit système numérique" ; le masquage est un excellent outil pédagogique ;
  • en cas de trouble primaire, insister sur le repérage des quantités sur base analogique (pour faciliter le repérage des quantités) ;
  • en cas de trouble secondaire au langage, limiter le code verbal : réduire la dictée ou la lecture des nombres ;
  • en cas de trouble secondaire visuo-spatial, éviter les manipulations complexes (confusions visuo-spatiales) ;
  • utiliser des couleurs pour encore mieux différencier les unités, des dizaines, des centaines... des chiffres arabes ;
  • donner du temps supplémentaire ;
  • lire ou reformuler les consignes ; surligner les éléments importants ;
  • donner les tables ou accepter les calculettes pour soutenir la réflexion ;
  • matérialiser les colonnes - utiliser un logiciel d’"aide" à la pose des opérations (POSOP) - préférer une présentation en ligne en y ajoutant un code couleur

Bibliographie :

Collection "J’apprends les maths", édition Retz Rémy Brissiaud, Premiers pas vers les maths : Les chemins de la réussite à l’école maternelle Retz Rémy Brissiaud, Comment les enfants apprennent à calculer, Retz 1994 Le site du GEPALM Article sur la dyscalculie, La Recherche, 2004


Autres documents à disposition :



Dernière mise à jour : 01.12.2011

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